Golfes d'Ombre

Feuille éparse


Feuille dentelle , reflet d’ambre qui danse
Accostée par le vide ,désordre factuel
Timide révérence aux saisons en transes
Dans un soir paisible elle outre sa cadence

Elle descend les meurtrissures du temps
Sans se presser elle défroisse sa robe usée
Elle est en retard , cette petite feuille sur l’horaire d’été
Déjà ses compagnes ont rejoint la galaxie du vent

Elle s’étourdit un peu, happée par la course
Elle étanche sa soif d’une goutte de pluie
Elle observe les étoiles qui se vêtent de tulle orangée
La nuit la presse de rejoindre la source

Le pavé où gisent les feuilles délaissées
Mais la petite chose a décidé de se réincarner
Elle supplie une branche de la réintégrer
Dans l’arbre chevelu, la branche dans ses bras la prit
Et berça sa destinée

Epilogue :

Jamais plus la petite feuille ne tombera

Elle est à présent la doyenne de l’arbre chevelu

— Raymonde Verney